Sortir de la dépendance au pétrole nécessite de la justice sociale

EELV Ouest Loiret n’appelle pas au blocage des routes le 17 novembre.

Pour nous la priorité est de préserver les conditions de la vie humaine : lutter contre le dérèglement climatique lié à la consommation d’énergies fossiles, mais aussi réduire les particules fines dans l’air, responsables de 40 000 décès par an en France.

Mais nous entendons aussi des protestations sincères qui montent devant la hausse du prix des carburants, même si elles sont parfois attisées par de dangereux démagogues.

Rappelons d’abord que l’essentiel des hausses des prix à la pompe constatées ces dernières années proviennent principalement de la hausse des prix du pétrole brut. On ne peut qu’être en colère contre l’inconséquence des gouvernements successifs, leur incapacité à mettre les populations à l’abri des changements que nous allons subir puisqu’ils n’auront pas été anticipés : une nouvelle fois notre vie est suspendue à des énergies fossiles qui, non seulement modifient dangereusement le climat et la qualité de l’air, mais nous rendent dépendants d’importations non maîtrisables. L’urgence devrait donc être de savoir comment on s’organise collectivement pour réduire progressivement, et de manière déterminée, notre dépendance au pétrole.

Pour cela la fiscalité peut être un outil utile, à condition qu’elle soit incitative, progressive, juste et redistributrice. Si ce n’est pas le cas, le risque d’incompréhensions et de confusions est total et c’est ce qui se passe aujourd’hui dans le pays.

Comment croire en la sincérité et la cohérence d’un gouvernement qui, après avoir supprimé l’ISF et conforté le CICE , se cache derrière des arguments écologiques pour renflouer les caisses de l’État, privilégiant les « premiers de cordée » et renvoyant retraités, petits salaires, chômeurs… de « l’autre côté de la rue » ? Comment justifier l’inexistence d’une taxe poids lourds et la défiscalisation du kérosène et du fuel lourd alors que ce sont les produits les plus polluants utilisés par les compagnies aériennes, le transport maritime et l’industrie lourde ?

Pour être efficace, une fiscalité verte doit avoir du sens et renforcer la cohésion sociale.

Pour le bien commun, chacun doit contribuer à la hauteur de ses moyens à la lutte contre le changement climatique et pour préserver un air respirable. Les ressources de la fiscalité écologique doivent être consacrées en totalité aux mesures destinées à isoler les logements, développer des énergies renouvelables, financer les transports en commun, encourager le covoiturage, le télétravail et, en ville, le vélo et la marche, et non à compenser les baisses d’impôts pour les plus riches. On doit également apporter des aides conséquentes aux familles qui se trouvent en précarité énergétiques et à tous ceux qui sont contraints d’utiliser leurs voitures, particulièrement en zone rurale.

Il s’agit aussi de réorienter l’économie vers la transition écologique, seule perspective réaliste en termes d’emplois et de cohésion sociale pour le 21e siècle.

La maison brûle, mais il est encore temps d’agir. Plus on retarde les transformations et plus ce sera douloureux.

Si ce combat était perdu, les autres n’auraient plus grand sens.

Arnaud Jean, secrétaire,
Sylvie David-Rousseau et Jean-Sébastien Herpin, porte-parole.

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